Une approche globale de la personne

06 74 34 77 43 mguiblain@gmail.com

Shri Mahesh

Shri Mahesh
 

« L’amour est ma loi, la vérité est mon combat »

Shri Mahesh

 

Mahesh Ghatradyal est né le 11 juillet 1924 dans l’état de Karnataka en Inde du sud. Il reçoit une double éducation : il étudie les saintes écritures ainsi que le yoga traditionnel dans un monastère sous la supervision de Swami Mruttunjaya et reçoit parallèlement une éducation anglaise d’un précepteur privé.En 1947 il participe aux Jeux Olympiques Mondiaux Universitaires organisés en France, où grâce à lui, le drapeau de la jeune république indienne apparaît pour la première fois. Alors qu’il s’entraîne à l’Institut National du Sport, il est remarqué par le docteur Boris Dolto qui l’accueille dans sa famille comme étudiant étranger.

Il étudie la médecine avec le professeur Baumann à Genève, travaille dans un laboratoire de physiothérapie et prend par à des expériences sur la résistance au froid du corps humain en utilisant les techniques yoguiques. Le professeur Baumann écrit “Nous sommes heureux d’apprendre ces techniques de Sri Mahesh, le représentant des écoles les plus légitimes et respectueux de culture de l’Ouest à laquelle il veut transmettre un message”.
Jusqu’en 1960 il travaille à l’Hôpital Percy et à l’Hôpital des Enfants pour la rééducation des soldats blessés et des enfants handicapés.
 

Son maître Swami Siddheshwarananda, fondateur du Centre Védantique de Gretz, lui fait promettre avant sa mort en 1957, de rester en France pour diffuser la culture indienne, connue à cette époque d’un petit nombre d’intellectuels. Mahesh pourra rester en France grâce à Robert Schuman qui était alors ministre des affaires étrangères.
Il rencontre André Malraux (ministre de la culture), Jeanine Auboyer (conservateur du musée Guimet), les professeurs Jean Filliozat et Paul Mus (spécialistes de l’étude de l’Inde), les docteurs Françoise Dolto (pédopsychiatre) et François Creff (nutritionniste) ainsi que Robert Salmon (directeur du journal France Soir).
En 1959, tous l’encouragent à créer le Centre pour les Rapports Culturels Franco Indiens (CRCFI). Son but est d’étendre la culture indienne en organisant des conférences, expositions, représentations de danse et de musique, des voyages en Inde ainsi que des cours de Sanscrit et de Bharata Natyam (forme de danse classique indienne).

De nombreuses personnalités importantes viennent au centre comme Nehru, premier ministre de l’Inde, qui admet l’authenticité de son message culturel et son utilité pour le public français. Le centre entretient des rapports étroits avec l’UNESCO. C’est sur l’initiative d’André Malraux, de Jean Filliozat et de Mahesh qu’est lancée la mission d’enseigner le Français dans les universités hindoues. Depuis, le Français fait encore partie de leur programme.

Jean Filliozat qui était également médecin, demande à Mahesh de se prêter à des expériences de cardiologie et radiologie en tant que yogi pour la publication du livre “Études instrumentales des techniques du yoga” publié en 1963. Ces expériences décrivent les modifications de l’état de conscience à travers la respiration, les postures et la relaxation conformément à ce qu’exposent les enseignements traditionnels du yoga.

 

Mahesh est également le premier à donner une structure à l’enseignement du yoga en créant la Fédération Française de Hatha Yoga (FFHY), dont le but est d’étendre cette discipline pour le public et de former des enseignants. Il écrit également plusieurs livres sur la philosophie du yoga et la culture indienne.En 1985 il devient le président de la commission médicale sur le Yoga de l’université Varanasi et en 1994 il fonde avec certains de ses amis de la culture indienne, l’association humanitaire France Inde Karnataka pour construire un hôpital en Halligudi, région très pauvre et sèche. La première pierre est posée en 1995 et l’hôpital est inauguré en 1977. Il reçoit 1000 à 1500 patients chaque mois.
L’association, dont le président est Xavier Emmanuelli, développe ce projet avec l’aide de nombreux donateurs. Le financement est français, mais la réalisation et l’entretien (les médecins, les infirmiers, le personnel, les entrepreneurs) sont indiens.

Pour tous ses accomplissements culturels, scientifiques, éducatifs et humanitaires, Shri Mahesh Ghatradyal est élevé Chevalier de l’Ordre national du Mérite le 18 décembre 1996 et fait Chevalier de la Légion d’Honneur le 25 mars 2005. 

Il s’est éteint le 21 août 2007 et est honoré en la salle de la coupole du crématorium du cimetière du Père Lachaise à Paris en France. Sa famille adoptive, ses amis et ses nombreuses relations témoignent du souvenir d’un homme généreux dont la vie a été guidée par le désir de rapprocher les cultures et les hommes, et de promouvoir les valeurs de dignité de l’homme, de respect de l’autre, de tolérance et d’amour du prochain.

“Ainsi que je vous l’avais annoncé, je m’attacherai à maintenir l’esprit du Yoga dans sa tradition, ce qui ne signifie nullement, vous avez pu le constater, que la posture en tant que telle est négligée (pratique et esprit n’allant pas l’un sans l’autre), mais je tiens absolument à éliminer du Yoga toute notion de gymnastique” Shri Mahesh 1974 – Yoga et Vie n°2